vitrine des dispositifs médico sociaux de l'Externat Médico Pédagogique de Voisinlieu (EMP voisinlieu) et du service de soutien spécialisé à l'intégration (SSSI).
Cet article est consacré à une conférence de D Marcelli, à Nogent sur Oise le 25 janvier 2012;
Lors de cette conference, D Marcelli a essayé de nous éclairer sur les modifications de l'autorité, du rapport à l'autorité et des conséquences que ces modifications entrainent dans le
développement de l'enfant. Il nous rappelle fort justement que l'autorité, c'est celui qui autorise.
Obéir, désobéir, se révolter, les enjeux de l’autorité à l’adolescence.
D Marcelli
Ex ducarer: conduire à l’extérieur : éduquer.
Comment se faire obéir ? Faut-il soumettre?
Anna Arenth dans la crise de la culture : « puisque l’autorité requiert toujours l’obéissance peut-on parler d’autorité sans parler d’obéissance ? »
L’obéissance renvoie au clergé. Ce terme « d’obéissance » est ennuyeux car fortement chargé d’histoire. L’autorité requiert l’obéissance jusqu’au point subtil ou l’individu peut s’autoriser à
désobéir. Si ceci n’est pas permis, nous sommes dans l’autoritarisme.
Il est important d’associer l’autorité à l’éducation et l’obéissance à la soumission. Notre actualité est plutôt de privilégier l’épanouissement de la personne.
La société n’est plus un espace religieux, nous sommes dans un espace laïque délié de la croyance. Ceci est problématique car les lois de la république peuvent venir à l’encontre de lois issues
de la religion. Par exemple, les droits des femmes viennent bouleverser l’ordre social.
Comment rendre ces modifications compréhensibles à tous? Axe central de réponse : Les valeurs qui guide l’éducation d’un enfant ne peuvent être en contradiction avec les valeurs de la société
Le rapport à l’autorité, une compétence sociale qui s’acquiert :
L’autorité : on a toujours l’habitude de l’attraper par la personne qui l’incarne : La figure d’autorité. Essayons de la comprendre à partir de celui a qui s’adresse l’autorité.
L’autorité est-elle naturelle ? Poser la question implique une confusion entre autorité et pouvoir.
Le couple pouvoir-soumission est naturel. Le pouvoir s’exerce par la force, la contrainte physique. Durant 2500 ans, l’autorité a reposé sur Aristote « c’est la nature qui donne pouvoir au père
sur ses fils, aux générations précédentes sur celles qui suivent, au roi sur les sujets de la royauté. »
Chez les chimpanzés, le pouvoir s’exprime par la force. Régulièrement, un jeune vient défier le mâle dominant et s’engage un combat très féroce. Si le mâle dominant est battu (tous les 18 mois)
l’ancien dominant doit se soumettre et s’éloigner.
Il existe d’autres pouvoirs que la force : celui de la séduction.
Chez les bonobos, quand il y a conflit, la femelle alpha embrasse l’agresseur ou lui présente ses parties génitales. Ce comportement arrête complètement les conflits.
Est ce que le rapport parent enfant est un rapport hiérarchique ?
La loi donne l’autorité parentale. Ne donne pas de l’autorité dans les relations du quotidien . Différence entre « avoir de l’autorité » et « avoir l’autorité »
Avoir l’autorité rend autoritaire. L’autorité est un principe de non incarnation, si quelqu’un l’incarne, il devient autoritaire.
L’obéissance permet de sortir de ce problème (ob odirer : tendre l’oreille)
Exemple 1 : Le square :
Un enfant de 13 14 mois va au square avec un de ses parents. Le parent s’assied et se met à discuter avec un autre adulte. L’enfant va au bac à sable, s’arrête pour interroger le parent en le
regardant. Le parent l’autorise à aller au bac à sable en lui indiquant qu’il peut aller au bac à sable.
Autorité renvoie à autoriser. Elle permets de s’éloigner du parent. (ex ducarer eduquer, aller vers l’extérieur). Dans ce cas, il n’y a pas de menace, presque naturel.
Si le parent ne regarde pas l’enfant, celui-ci va se lasser et va partir vers le chemin. Parent se lève, court après l’enfant qui se lance dans le jeu « court après moi ». Le parent le rattrape
et le ramène au banc. Quand l’autorité est défaillante, c’est le pouvoir, la relation de force qui se substitue.
La « bonneveillance »
La « bonneveillance » est une obligation de réponse.
Chez un très jeune enfant, expliquer avant, c’est compliquer le message. Expliquer suite à l’obéissance est plus compréhensible.
Particularité de l’obéissance du névrosé, il obéit sans comprendre.
Si l’activité que l’enfant veut mener le met en danger, il est préférable de proposer autre chose au jeune enfant. L’objectif est de permettre à l’enfant un désinvestissement de ce qu’il souhaite
mais qui n’est pas réalisable pour aller vers ce qui est réalisable. Il faut développer chez l’enfant une souplesse psychique.
Exemple 2 : le couteau :
Un parent pose un couteau sur la table. L’enfant prend le couteau dangereux en main. Comme il a confiance en l’enfant, le parent prend sur lui et demande à l’enfant de poser le couteau. L’enfant
refuse, le parent insiste. L’enfant fini par poser le couteau en ouvrant la main et lâche le couteau main ouverte. C’est un geste d’ouverture, mais c’est l’enfant qui conserve l’autonomie de son
geste.
Obéir au doigt et à l’œil c’est du dressage, obéir c’est accorder à l’autre le temps de son obéissance et de la tolérance de sa frustration. Si le couteau est retiré brutalement, l’enfant
comprend que le parent est très excité par le couteau et que cet objet doit être formidable, donc il faudra chercher à le reprendre.
L’autorité est un rapport ou celui qui est en position haute accorde à celui en position basse le temps de sa propre détermination pour éviter d’utiliser la force ou le pouvoir. L’autorité c’est
toujours une reconnaissance de l’autorité de l’autre. C’est la capacité de se frustrer soit même.
Pour qu’il y ait une relation sociale adaptée, il faut lutter contre le fait de prendre plaisir à frustrer l‘autre par la soumission ou la séduction.L’autorité est un principe de
privation.
L’autorité est présente dans notre croyance communautaire qui nous relie tous : « mon corps, ma pensée m’appartient et nul autre que moi-même a des droits sur ce corps et cette pensée. »
Autorité est une religion d’abstinence : ne pas user de force ou de séduction face à un plus faible que soi. Dans l’évolution de notre société depuis un siècle, on est passé d’un principe
d’interdiction à un principe d’autorisation et même d’exhortation.
La conséquence en est que les pathologies évoluent.
Comme l’emploi de la force est interdite dans les modes éducatifs, actuellement séduction et exhortation sur-utilisé. Donne de nouveaux symptômes.
Exemple 3 : un enfant plus âgé :
Même situation de mise en danger d’un enfant. Il est possible de faire comme si l’on n’avait rien vu. On apprend à l’enfant à prendre soin de lui-même.
Situation de désobéissance d’un enfant qui traverse une rue pour aller dans un boulangerie: si l’on apprend à l’enfant à faire attention (ici sécurité routière), quand il désobéit il fera
attention. La relation adaptée à l’autorité vient quand l’on a appris à obéir et à désobéir étant enfant et quand l’on a perçu chez l’autre une position de retenue dans l’exercice de la force ou
de la séduction. Le fait d’avoir sous les yeux des personnes qui n’abusent pas de ces positions permet une identification à ces adultes.
Cependant, il ne faut pas confondre pouvoir et autorité, l’exercice du pouvoir reste possible avec l’enfant si l’autorité n’est pas suffisante. L’usage du pouvoir peut se faire sans prendre
plaisir à cet exercice.
Rapport à la frustration :
Etre frustré cela s’apprend. Par confrontation accompagnée aboutissant à une auto frustration.
Les modèles du père fondateur doivent être changés. Dimension de peur n’est absolument pas nécessaire. Educateur qui a de l’autorité est celui qui ne se sert pas de son pouvoir pour humilier
l’autre. A partir du moment ou le jeune a confiance dans l’adulte il va reconnaître son autorité. Demande la transformation d’un rapport de pouvoir à un rapport d’autorité.
Autorité et enseignement :
Renvoi à Dynamique de groupe.
Tant que le jeune n'est pas dans la puberté, les adultes sont d’un coté, les enfants de l’autre.
L'Ado, c'est la revendication d’être comme les adultes. Logique d’un ado n’est pas celle d’un enfant.
Enfant : bien ou mal : extériorisation du surmoi matérialisé dans les parents
Ado : vrai ou faux. Jugement. Intériorisation des contraintes.
Commencer à discuter des incohérencesavec les ado est souvent une solution.